[Le Fil] L’huile de palme est 17 fois moins responsable de la déforestation que ce que disent certains médias et politiques

D’après certains médias, reprenant une “information” du Parlement Européen, l’huile de palme serait responsable de 40% de la déforestation mondiale. Pourtant, d’après les trois chercheurs agronomes auteurs de cet article, celle-ci serait responsable de… 2,3% de la déforestation mondiale, soit dix sept fois moins que les 40% affichés !

Comment expliquer ces écarts ? Par quels chemins un chiffre “faux” (mais spectaculaire) a-t-il bénéficié d’une telle exposition politico-médiatique ? Et quels sont les enjeux d’une information de qualité, non déformée, pour la bonne tenue du débat public ?

Outre ces questions, cet article met en creux le doigt qu’une bonne vulgarisation scientifique est une vulgarisation qui ne caricature pas – et qui prend le temps d’expliquer le processus par lequel on “fabrique” des connaissances scientifiques.

Bref, je ne peux que vous conseiller la lecture de cet article !

Non, l’huile de palme n’est pas responsable de 40 % de la déforestation

La lutte contre la déforestation causée par la culture du palmier à huile en Asie du Sud-Est passe par une information solide et partagée.

Source : theconversation.com/non-lhuile-de-palme-nest-pas-responsable-de-40-de-la-deforestation-76955?utm_term=Autofeed

Facebook va lutter contre les fausses informations

Alors que Facebook avait prétendu que les fausses informations n’ont pas influencé l’élection présidentielle américaine, il va pourtant lutter contre. Est-ce pour autant un reniement ?

Jérôme Marin sur Silicon 2.0 (Le Monde) :

Une semaine après avoir assuré que Facebook n’avait pas influencé l’élection américaine, Mark Zuckerberg a annoncé, vendredi 18 novembre, une série de mesures pour lutter contre la diffusion d’articles mensongers sur le réseau social.

En économie, on distingue les préférences déclarées (ce que les gens disent) des préférences révélées (ce que les gens font), en considérant que les dernières sont plus crédibles. Cet exemple de Facebook est particulièrement éclairant : Zuckerberg passe d’une déclaration le 11 novembre dans laquelle il dit que “l’idée que les fausses informations sur Facebook puissent avoir influencé d’une manière ou d’une autre l’élection est délirante” à une seconde déclaration une semaine plus tard dans laquelle il explique que Facebook a dédié des ressources pour modifier ses algorithmes de sorte à lutter contre ces mêmes fausses informations.

En toute prudence, il est toutefois strictement impossible de conclure que la seconde déclaration de Zuckerberg est un volte-face par rapport à la première – où, en gros, il reconnaîtrait en creux que, peut-être, quand même, ces fausses informations ont eu une importance. On peut très bien penser que les fausses informations n’ont pas influencé l’élection, sans pour autant dire que ces fausses informations ne constituent pas en elles-mêmes un problème dont il faut se saisir1.

À titre personnel, je suis plutôt satisfait que Facebook (et Google) se décident enfin à lutter contre les fausses informations. Non pas que ces deux entreprises doivent se muer en censeurs de la Toile, toutefois il paraît bien incongru que dans la version US de Google, un site puisse bénéficier de la mise en avant de Google News alors que les résultats de l’élection présidentielle qu’il donne sont faux. Et soyons clairs sur un point : une vraie information peut tout à fait provenir d’un site web de gauche comme de droite (ou sans affiliation partisane, comme The Signal). Je peux entendre que, pour tout un tas de raisons l’élection de Trump ait choqué, toutefois instrumentaliser la nécessité d’avoir des informations fiables et vérifiées sur Internet dans un but strictement politique me paraît particulièrement dangereux.

Facebook annonce des mesures pour lutter contre la désinformation

Facebook annonce des mesures pour lutter contre la désinformation

Source : siliconvalley.blog.lemonde.fr/2016/11/19/facebook-annonce-des-mesures-contre-les-articles-mensongers/