Trump s’aliène-t-il déjà son électorat d’extrême-droite ?Temps de lecture ≈ 3 min.

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Faire de vagues déclarations comprises comme des promesses permet de ratisser large. Mais lorsque vient le temps de gouverner, ces vagues déclarations peuvent se retourner contre leurs auteurs.

Cet article de The Hill est en anglais, mais ce qu’il dit est simple :

  • Trump a publiquement désavoué certains des mouvements d’extrême-droite qui se sont réjoui de son élection (c’était hier lors d’une entrevue/interview au The New York Times)
  • Ces mêmes mouvements se disent “déçus” par cette déclaration

En tenant un discours particulièrement chargé idéologiquement à droite durant sa campagne, Trump a fait un peu l’équivalent de Hollande en 2012, lorsqu’il déclarait “mon ennemi, c’est le monde de la finance” – une déclaration vague dans laquelle il n’y a aucune espèce de promesse. Cela s’est toutefois ensuite retourné contre lui, puisqu’il a été accusé par une (grande) partie de l’extrême-gauche (ou de la partie la plus à gauche du Parti Socialiste) de s’être renié.

Comme il le dit dans “Un Président ne devrait pas dire ça”, ça n’est pas tant qu’il était très à gauche et qu’une fois au pouvoir il n’a pu faire ce que bon lui semblait ; c’est plutôt qu’il n’a jamais vraiment crû un traître mot de ce genre de déclaration, mais qu’il en avait besoin pour se faire élire, en partie grâce aux voix de l’extrême-gauche. Compte tenu du fait que Trump a tout de même beaucoup soutenu les démocrates et a été plutôt libéral sur un certain nombre de questions de société avant sa campagne (comme l’avortement ou les droits LGBT), il n’est pas improbable qu’il ait usé d’une technique un peu similaire à celle de Hollande (quoique poussée à l’extrême) lors de sa campagne.

Le problème de cette stratégie, c’est qu’une fois au pouvoir elle risque non pas de se retourner contre celui qui l’a utilisé (les campagnes sont des moments où les promesses pleuvent, ce qui ne manquera pas de faire des déçus qui le feront payer à celui ou celle qui a fait les promesses), mais de se retourner avec violence et durabilité contre celui qui l’a utilisé. Il suffit de voir les difficultés permanentes d’Hollande avec l’aile gauche du Parti Socialiste pour s’en convaincre.

Quelque chose d’assez similaire est en train de se passer avec Trump et l’extrême-droite qui l’a en partie soutenu. Outre son désaveu public d’un mouvement néonazi, Breitbart (un média d’extrême-droite) n’a guère apprécié que Trump décide de ne finalement pas poursuivre Hillary Clinton pour l’usage de son serveur d’email lorsqu’elle était Secrétaire d’État.

Il est bien évidemment trop tôt pour dire que Trump aura un destin à la Hollande (même si l’on peut déjà noter qu’il a un taux d’approbation historiquement faible pour un candidat élu), mais ces quelques comparaisons suggèrent qu’un exercice du pouvoir particulièrement difficile risque de l’attendre.

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