Grand Café Foy, ou l’humiliation du client comme politique commercialeTemps de lecture ≈ 5 min.

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Le Grand Café Foy est une institution à Nancy. Toutefois, ses pratiques commerciales douteuses, d’une incroyable grossièreté, font que je n’y retournerai plus.

J’aime Nancy, j’aime la place Stan, j’aime profiter des lieux de ma ville. J’aime bien évidemment le Grand Café Foy, l’une des brasseries les plus charmantes et les plus agréables de la place ; à chaque fois que des amis qui ne connaissent pas la ville viennent la visiter, je les y emmène quasi-systématiquement. Jusqu’à ce soir.

Avec deux amis originaires de Nancy mais vivant désormais à Valence, une petite envie de vin, fromage et dessert se manifeste. Connaissant la qualité du Foy sur ces produits (malgré des tarifs fort peu abordables – on est place Stanislas et on voit bien qu’on en profite…), nous décidons d’y aller. Trois personnes.

Devant la brasserie, on s’assure sur le menu que malgré l’heure (21h), il est possible de ne pas commander de plats. Pas de précision de ce type, on décide de se lancer. À l’intérieur, on nous demande “combien de personnes” : “trois”. On ne nous demande à aucun moment si c’est pour manger. On nous installe à l’étage, et on nous amène les menus.

Il est 21h10, je dois prendre un train à 21h50, nous n’allons pas nous attarder.

Nous faisons notre choix ; il y en a pour 38€ en tout. Trois desserts, un plat de fromage et un demi de vin.

Lorsque nous commandons, la serveuse s’étonne que nous ne prenons pas de plat. Le malaise s’installe, mais cette dernière prend toutefois la commande. Mon amie remarque que la serveur semble parler de nous avec un autre serveur ; elle craint le pire. Ce qui va arriver ne pas la décevoir…

Ce deuxième serveur, alors que nous sommes installés, que notre commande a été prise, nous dit qu’ils ne servent que des plats à cette heure. Il nous demande de partir. Oui, alors que nous étions installé, que notre commande avait été prise, il nous demande de partir. C’est hallucinant.

Sa demande est juste ignoble – car je vous le rappelle, il n’y avait nulle part la mention qu’à cette heure-ci, le service était réservé exclusivement pour les menus ou plats principaux, et personne n’a vérifié auprès de nous si nous souhaitions manger un plat ou choisir autre chose.

Bouillonnant de colère, je lui fais cependant gentiment remarquer que personne ne nous a rien dit. Il me répond : “j’ai demandé si vous étiez trois couverts”. Ce qui est un mensonge, a minima faux, car on nous a demandé “combien de personnes”. “Personnes”, pas “couverts”. Je le lui fait remarquer, il ne répond pas, ne se défend pas. Je prends ça pour une validation de sa part que ma remarque est correcte.

Nous partons dans le calme, et à peine sortis notre colère explose. La manière dont nous avons été traité dans ce lieu pourtant emblématique de Nancy et que j’apprécie tant est tout simplement abjecte.

J’entends bien qu’à cette heure-ci, la brasserie ne serve que des plats. Mais trois choses :

  • ce sont eux qui se sont trompés, sans s’assurer auprès de nous (qui étions de bonne foi) de ce que nous voulions
  • notre commande a été prise ! La moindre des choses aurait été de l’honorer…
  • nous aurions dépensé 38€ en restant trente minutes, sur vin, fromage et desserts, qui ont certainement le taux de marge le plus élevé. Même pour eux, il aurait probablement été rentable de nous garder…

Je pense que si ces gens avaient été de bons commerçants, ils nous auraient simplement expliqué qu’à cette heure-ci, habituellement ils ne servent que des plats, mais puisque notre commande a été prise (par erreur), pour cette fois-ci ils l’honorerait. Car au final, en plus de l’humiliation qu’ils nous ont fait subir, ils ont tout simplement manqué à leur parole.

En tant que nancéien amoureux de sa ville, je n’irai plus au Grand Café Foy (ni d’ailleurs au Café du Commerce, puisqu’on nous a dit que c’était “la même maison”). Je n’y emmènerai plus mes amis pour leur faire découvrir un lieu emblématique de notre ville, et bien évidemment, je n’hésiterai pas à raconter cette histoire tout simplement lamentable, sur ce blog comme ailleurs. Je trouve ça hallucinant qu’après s’être pourtant trompé eux, les employés du Foy fassent porter sur nous les conséquences de leur erreurs. C’est fort cavalier de leur part.

Comme mon amie l’a fait remarquer au serveur (à qui je me permets de dire que nous raccompagner en disant qu’il est “désolé” n’est d’aucune utilité après ce qu’ils viennent de nous faire subir), nous irons dépenser notre argent ailleurs. Le Grand Café Foy n’est pas le seul endroit à proposer de bonnes pâtisseries à Nancy (ça s’appelle la concurrence). D’ailleurs, si vous avez des adresses à me conseiller, je suis preneur !

Au-delà de la question de pratiques commerciales douteuses, ce qui me choque le plus dans cette affaire est l’absence de toute forme de respect, de toute forme de considération. Certes, la (non)relation entre nous et le Foy est de nature commerciale, mais pourquoi cela devrait empêcher de se comporter avec un minimum de savoir vivre ? C’est là, à mon sens, le plus grand échec du Foy ce soir.

Au final, je tiens donc à chaleureusement remercier le Grand Café Foy, qui par son attitude commerciale lamentable nous aura flingué notre soirée, en nous dégoûtant comme rarement. J’attends d’un restaurant de passer un bon moment, pas de m’empêcher de profiter pleinement de deux amis que je n’ai pas vu depuis quasiment un an… Je rentre chez moi le ventre vide – et le portefeuille intact.

Le Grand Café Foy quitte donc ma liste des lieux incontournables de Nancy. Mais c’est comme avec mon argent, qui sera dépensé ailleurs : la place qu’il laisse vacante sera occupée par quelqu’un d’autre. Dommage pour eux ! Personne ne les a forcé à un tel naufrage.

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